In-scription https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription Description de votre site fr L’inscription de la tour 37 du rempart terrestre de Constantinople. Crise de l’empire et renouvellement intellectuel au début du Xe siècle. https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=386 La seconde tour au Nord de la Porte de la Pegè, l’actuelle Selivrı/Silivri kapı, contient encore aujourd’hui une inscription signalant une restauration effectuée par les empereurs Léon et Constantin. La réfection d’une grande partie du rempart par Léon III et Constantin V après le séisme d’octobre 740 a naturellement poussé les historiens à attribuer cette inscription à ces deux empereurs. Or, sa réalisation technique, sa graphie et son contenu nous invitent à nous interroger sur sa datation. Le texte pour commencer : celui-ci est bien différent de que ce que l’on a l’habitude de lire dans les inscriptions commandées par Léon III. La réfection du rempart en 740-743 a donné lieu à des textes très stéréotypés et centrés sur la titulature impériale1. La graphie ensuite, comme nous le verrons plus bas, semble plus proche de celle employée dans les inscriptions au xe siècle que celle employée au viiie siècle. Le style paléographique est également très différent de celui employé à l’époque des empereurs Léon III et Constantin V. Alors que ces derniers, dans l’urgence, font maçonner des inscriptions en lettres de briques assez grossières, nous avons sous les yeux une inscription de grande qualité et gravée en relief, un procédé qui demande une mise en œuvre plus longue, plus technique et donc plus onéreuse. Elle pourrait, certes, précéder le séisme de 740. Mais le contenu, d’inspiration homérique, ne semble pas correspondre, encore une fois, aux formulaires employés au viiie siècle, jeu., 30 juin 2022 00:00:00 +0200 https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=386 Histoire et préhistoire des « jeux de lettres » https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=196 Récemment, quelques études ont mis l’accent sur le rôle des jeux de lettres1 dans la culture écrite du Moyen Âge occidental. Le phénomène, on le sait, concerne aussi bien les écritures épigraphiques que les écritures libraires dites « d’apparat » ; sa diffusion, qui débute avant l’époque carolingienne, se poursuit et atteint son apogée à l’époque romane, entre le xie et le xiie siècle ; son enracinement et son développement, étudiés principalement pour ce qui concerne l’aire franque, sont également observables dans d’autres aires géoculturelles, telles que les îles britanniques, la péninsule ibérique, la Croatie, et l’Italie septentrionale et centrale. Sur le continent, les attestations les plus anciennes de ce phénomène remontent à la fin du viie siècle, dans des manuscrits et des épigraphes mérovingiens et italiens septentrionaux ; elles sont plus ou moins contemporaines de celles des manuscrits insulaires (ou avec quelques décennies de retard). Il s’agit, comme l’ont très bien montré P. Stirnemann et M. Smith2, « d’un mode de pensée éloigné de l’écrit gréco-romain, où l’on utilisait les traits de plume exclusivement pour transmettre des signes équivalant à des sons, confiant par là au discours seul, à la rhétorique et à la dialectique, le soin de ravir l’esprit ». Le goût qui a conduit à l’adoption de cette modalité d’écriture se propagerait donc par contraste avec celui de la culture classique, basée sur le principe de domination de la rationalité. Un goût qui représente mar., 01 mars 2022 00:00:00 +0100 https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=196 L’inscription de l’arsenal de théophile : faux ou mauvaise copie ?1 https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=537 L’inscription de l’arsenal de Théophile est-elle un faux ? Vue et copiée par André Thevet (ou Theuvet) lors de son voyage à Constantinople en 1550-1551, elle est publiée dans sa Cosmographie universelle en 1575, puis régulièrement reprise jusqu’à la parution du CIG en 1877. Ce texte ne fait que poser des questions depuis le xvie siècle. En effet j’ai pu remarquer à quel point les avis étaient tranchés quant à la vraisemblance de cette inscription alors que les études de fond la concernant sont, à ma connaissance, inexistantes. L’ambiance du xvie siècle est à la découverte mêlée parfois de géopolitique et de lutte d’influences. Par ailleurs, à l’instar des nouvelles terres des Amériques, l’Empire ottoman fascine. À la fois repoussoir et réservoir de trésors archéologiques, les voyageurs espèrent y rencontrer les glorieux passés de la Grèce de Rome, mieux cotés que Byzance, jugée trop éloignée de l’idée de renaissance des valeurs antiques. La quête d’informations géographiques (et géopolitiques) n’est pas nouvelle puisque l’on peut remonter à Marco Polo pour retrouver cette soif de découvertes que ces régions suscitent, mais elle s’accélère au xve siècle2 et devient courante au xvie siècle. Ainsi, les voyageurs, naturalistes ou intellectuels deviennent rapidement des ambassadeurs et des espions au service des cours européennes dans le dessein de nouer ou de contrarier des alliances. André Thevet, Gabriel d’Aramon, Pierre Gilles et bien d’autres rivalisent de curiosité et de soi ven., 25 févr. 2022 00:00:00 +0100 https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=537 Affirmer la mémoire d’une communauté religieuse.Le cas des épitaphes des premiers prieurs de Grandmont https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=368 Étude finalisée dans le cadre de la chaire régionale d’histoire monastique (programme Aquitania Monastica) financée par la Région Nouvelle-Aquitaine (2015-2019). L’ordre de Grandmont fascine tant qu’il fait l’objet d’une bibliographie scientifique toujours renouvelée : rien que pour les cinq dernières années, les fouilles archéologiques en cours sous la direction de Philippe Racinet1, la préparation de la thèse de Daniela Bianca Hoffmann sur ses aspects théologiques et institutionnels2 ou encore la mise en place d’un cycle de journées d’études pluridisciplinaires3 en témoignent abondamment. Le rayonnement des grandmontains ne date pas d’hier. À l’ermitage d’Étienne de Muret implanté dès les années 1080 dans les monts d’Ambazac, à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Limoges, succède rapidement un ordre en plein essor jusqu’au xiiie siècle. Près de 150 établissements dépendants sont alors disséminés en France, en Angleterre et en Espagne4. La haute protection d’Henri II Plantagenêt n’est pas étrangère à une telle expansion ; non content de financer en partie la reconstruction de l’abbatiale, le roi prévoit également dès 1170 – au grand regret de ses conseillers – de s’y faire enterrer près du fondateur5. Bien qu’il ait finalement été inhumé à Fontevraud, la mention moderne d’une nécropole de l’entourage Plantagenêt à Grandmont a fait couler beaucoup d’encre6. La thématique des pratiques funéraires de l’ordre a de même, plus généralement, été étudiée par Martine Larigaud lun., 21 févr. 2022 00:00:00 +0100 https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=368 Introduction https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=436 Il y a des objets que l’on renonce à étudier : trop monumentaux, trop importants, trop inatteignables pour se plier aux nécessités de la recherche, à ses moyens, à ses limites également. Dans le domaine de l’épigraphie médiévale, l’obituaire lapidaire de l’ancienne cathédrale Saint-Vincent de Roda de Isábena est l’un de ces objets qui décourageraient les médiévistes les plus téméraires. Comment, en effet, traiter de façon efficace les quelque 230 inscriptions funéraires sculptées dans le cloître ? Comment transformer l’impression première d’exubérance documentaire en connaissances historiques ? Comment inscrire l’ensemble épigraphique unique de Roda dans le panorama général des pratiques de l’écriture médiévale ? Face à l’accumulation des inscriptions, à la répétition des formules, à la foule des noms qui se pressent dans les galeries de la cathédrale pyrénéenne, l’analyse sérieuse, érudite et patiente paraît parfois impossible à mener ; à mener seul en tout cas. C’est la raison pour laquelle le lecteur ne trouvera pas dans les pages suivantes le résultat d’une recherche individuelle, mais bien la somme des réflexions et des questionnements d’une équipe composée d’historiennes et d’historiens du Moyen Âge aux compétences diverses et aux intérêts de recherche variés : la gestion de la mort par l’écrit pour Anne Rauner ; les aspects de mise en œuvre et de savoir-faire pour Thierry Grégor ; la documentation épigraphique et ses liens avec le langage pour Estelle Ingrand-Varenne ; mer., 12 janv. 2022 00:00:00 +0100 https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=436 Remerciements https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=397 Le travail sur le cloître de Roda de Isábena s’est étalé sur une (trop) longue période, marquée par des phases de très grande activité, par des moments d’inertie aussi, imposés par la situation sanitaire et les obligations professionnelles et personnelles des membres de notre équipe. Au cours de ces trois dernières années, de nombreuses personnes ont permis que le projet avance coûte que coûte, contre l’adversité ou l’immobilisme, et en ont fait l’occasion d’un véritable échange intellectuel. La publication mise à disposition du public aujourd’hui est redevable à cette communauté de Roda de Isábena – acteurs du patrimoine, habitants, curieux – tous témoins de la survivance des inscriptions médiévales et de leur intérêt historique et culturel. Nous avons ainsi grand plaisir à remercier Pedro Sanz, Luis Vals, et l’ensemble des membres de l’Association des amis de la cathédrale de Roda ; rien n’aurait été possible sans leur disponibilité de tous les instants. Don Aurelio, prêtre en charge de l’église Saint-Vincent de Roda, nous a accompagné avec générosité et gentillesse tout au long de nos séjours ; Joaquín Montanuy, maire de Roda de Isábena, a permis avec bienveillance que nos recherches se déroulent dans de parfaites conditions ; María Ángeles nous a quant à elle accueilli avec patience dans le froid de l’hiver et dans la chaleur de l’été, toujours prête à rendre la cathédrale et le cloître disponibles pour nos trop longues observations de terrain. À Roda toujours, toutes nos lun., 10 janv. 2022 00:00:00 +0100 https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=397 Avant-propos https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=398 En 2016, Garth Davis réalise le très beau film Lion ; une histoire magnifique, de grands acteurs, des paysages spectaculaires aux confins de l’Inde et du Bangladesh. Un film sur l’identité ; celle d’un petit garçon indien, adopté par une famille néo-zélandaise ; un enfant qui grandit et qui décide à l’âge adulte de chercher d’où il vient, de découvrir qui il est. Une histoire humaine, belle et triste à la fois. Ce petit garçon, Saroo - “Lion” en hindi - s’est perdu une nuit à bord d’un train et se retrouve après plusieurs jours de voyage très loin de chez lui, à Calcutta, une ville où personne ne comprend sa langue, où personne ne comprend son nom ni le nom de son village. Il survit d’un orphelinat à l’autre, affublé de ce nom bizarre, original, étrange, ce nom qui est pour Saroo le seul lien avec sa maison, mais un nom qui ne dit rien à personne. À la fin du film, le réalisateur révèle que le nom du héros est la raison de son errance puisque personne à Calcutta ne pouvait comprendre l’identité du petit garçon, prononcée dans un autre idiome, sans écriture, sans document, sans racine. Calcutta se trouve, d’après Google Maps, à 9813 kilomètres de Roda de Isábena, et Saroo naît environ 900 ans après la consécration de la cathédrale aragonaise ; on s’interrogera donc à bon droit sur la pertinence de cette mise en relation cinématographique contemporaine au seuil d’une recherche sur la documentation épigraphique du cloître de Roda. Au-delà de l’effet “vignette” ainsi obtenu par lun., 10 janv. 2022 00:00:00 +0100 https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=398 Collection épigraphique https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=399 Sans plus attendre, présentons-le, cet ensemble hors-du-commun. On connaît aujourd’hui pour le cloître de Roda 233 inscriptions. Ce chiffre a été établi à la suite des observations de terrain, réalisées après les dernières restaurations et le dégagement d’un certain nombre de textes. Ce dernier comptage ajoute plus de 40 références à la liste établie par Antonio Durán Gudiol en 1967. On ne compte que deux inscriptions aujourd’hui perdues dans ce recensement ; elles sont mentionnées dans les publications anciennes et leur emplacement se devine encore aujourd’hui en fonction de l’usure du bloc et de quelques traces résiduelles à sa surface. Les 233 inscriptions de Roda se situent toutes dans le cloître de la cathédrale, à l’exception de la dalle dite “des évêques”, encastrée dans le pilier sud aux pieds de la nef - nous reviendrons largement sur cette inscription plus avant. On a donc là un ensemble colossal d’inscriptions réparties dans l’espace relativement réduit formé par les quatre galeries du cloître et les murs extérieurs de la structure (principalement les murs du réfectoire au nord et de la salle capitulaire à l’est). Toutes les inscriptions sont lapidaires et ont été tracées en creux, selon différentes techniques. Plusieurs blocs de pierre présentent aujourd’hui des traces d’une polychromie simple et élégante qui semble originale.  Les inscriptions du cloître de Roda sont en général très courtes. Elles se composent en moyenne de dix mots, soit environ 45 signes gravés lun., 10 janv. 2022 00:00:00 +0100 https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=399 Techniques épigraphiques : construction de la méthode et enjeux  https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=400 L’étude de terrain et les observations épigraphiques réalisées par l’équipe sur le site ont permis de recueillir de nombreux renseignements pour éclairer la vie du monument à travers celles des objets épigraphiques1. L’examen technique de l’inscription a conduit à produire des observations qui relèvent de l’archéologie du bâti, ce qui n’est pas une approche courante dans le cadre de l’épigraphie médiévale. Ces diverses informations prennent en compte l’état des inscriptions, leur emplacement dans le cloître, les transformations envisageables dans la disposition des blocs, les techniques utilisées tant au niveau de la construction que de la réalisation des inscriptions. Ce travail d’observation, extrêmement chronophage et difficile à réaliser autrement qu’in situ, n’avait jusqu’à présent jamais été effectué de façon systématique à Roda – il n’est d’ailleurs réalisé que ponctuellement dans le cadre des missions de terrain menées par les équipes européennes chargées de l’édition des inscriptions médiévales. Lors du travail sur place, l’équipe a procédé à ces observations techniques à différentes échelles : au niveau du cloître en tant que structure architectonique solidaire pour localiser les inscriptions et tenter d’en apprécier l’organisation sur le temps long, entre économie graphique et mobilité des pierres inscrites ; à l’échelle des galeries et des arcs ensuite, pour démêler les circonstances techniques du montage et remontage des blocs ; au niveau de chaque inscriptio lun., 10 janv. 2022 00:00:00 +0100 https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=400 Les aspects techniques : vocabulaire et premières observations https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=404 Le site de Roda présente la particularité de conserver des inscriptions gravées sur un même type de pierre calcaire. Le matériau semble homogène : sa dureté et sa finesse sont comparables. Lors de l’étude des gestes techniques pour la taille de la pierre et de la gravure, il est donc superflu d’envisager un outillage particulier ou la connaissance de gestes techniques spécifiques utilisés sur des pierres beaucoup plus dures ou beaucoup plus tendres. L’homogénéité du support se complète par ce qui semble être une homogénéité de mise en œuvre. En effet, les inscriptions semblent avoir été gravées en place, avec des positions de gravure identiques de la part des exécutants ; ils étaient placés face à la pierre située en hauteur par rapport au buste, avec un geste allant du bas vers le haut. Les examens sur place ont permis de reconstituer la “caisse à outils” des graveurs qui se sont succédé dans le cloître de Roda de Isábena et de produire un inventaire des types de gravure présents dans les inscriptions. Afin de faciliter la lecture des observations et des interprétations techniques, nous livrons sous forme de liste détaillée le contenu de cette caisse à outils et le catalogue des formes laissées dans la pierre du cloître. Une caisse à outils singulière Les outils utilisés à Roda de Isábena sont à la fois très classiques dans leur type, avec une prédominance du gravelet, mais présentent aussi quelques originalités, avec des instruments plus rares, tels que le gravelet bout r lun., 10 janv. 2022 00:00:00 +0100 https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=404