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Les derniers efforts de mise en défense du rempart de Constantinople sous Jean VIII Paléologue entre 1431 et 1449 d’après les inscriptions : étude historique et paléographique.
Par Arnaud Loaëc
Publication en ligne le 16 mars 2026
Table des matières
Article au format PDF
Les derniers efforts de mise en défense du rempart de Constantinople sous Jean VIII Paléologue entre 1431 et 1449 d’après les inscriptions : étude historique et paléographique. (version PDF) (application/pdf – 3,0M)
Texte intégral
« Il ne reste plus rien à l’Empire que la Ville et le nom impérial1. »
Introduction
1De la chute de Constantinople le 29 mai 1453, on ne retient que la ruine et la décadence d’un empire millénaire qui vient de tout perdre malgré toutes les tentatives de Jean VIII de trouver de l’aide en Occident. C’est cependant oublier l’immensité des efforts des trois derniers empereurs romains pour relever la Ville face à l’importance du danger ottoman qui campait au pied de ses tours. En effet, loin de cette image négative, c’est un autre visage de la Ville impériale que nous voudrions donner à travers un dossier qui est resté jusque-là marginal, à savoir celui des inscriptions des restaurations du rempart terrestre, s’échelonnant de 1431 à 1449. Énergie du désespoir dans l’attente d’une croisade providentielle venue de l’Occident chasser l’infidèle turc ? L’historiographie semble avoir laissé de côté ce corpus, au bénéfice des ambassades de Jean VIII pour le retour à l’unité religieuse (1439-1440)2 et le siège proprement dit de Constantinople (1451-1453)3. Ivan Djuric4 et plus récemment Marios Philippides et Walter. K. Hanak5 y ont consacrés quelques pages que nous entendons reprendre et analyser de manière systématique.
2Ces inscriptions ne sont pas inconnues. Elles se trouvent même régulièrement éditées ou traduites au hasard des travaux de topographie, d’épigraphie ou d’études militaires de la Ville ou de son rempart6. Citons encore le travail récent de l’université Koç qui a mené un recensement archéologique des remparts de Constantinople7.
3Sans nier les difficultés matérielles et financières auxquelles Constantinople est confrontée à la veille de la conquête ottomane, cette étude propose d’en nuancer la portée à travers l’examen d’un corpus d’inscriptions militaires liées à l’entretien des remparts. Leur nombre, leur répartition et leur homogénéité invitent à s’interroger non seulement sur les modalités de mise en œuvre de ces travaux, mais surtout sur la signification politique et idéologique de leur inscription dans la pierre.
4L’analyse conjointe du contexte historique, du corpus épigraphique et de ses choix graphiques permettra de montrer que ces textes, notamment par le recours à une écriture d’apparat et à des lettres dorées, participent d’une affirmation délibérée du prestige impérial et de l’universalisme de la Ville, à un moment où ceux-ci ne reposent plus sur une domination territoriale effective.
Le dossier des récits de voyage8 : un rempart qui tient son rôle.
5Les voyageurs occidentaux qui parcourent Constantinople dans la première moitié du xve siècle évoquent une ville en ruine mais insistent paradoxalement sur la bonne tenue des remparts, ou a minima, ne font pas part de murailles en mauvais état. Tout au contraire, la puissance des murailles de Théodose force l’admiration de voyageurs qui en livrent des visions très descriptives et théoriques, sans vraiment donner de détails sur l’état réel du rempart :
6Le manuscrit grec du Sérail en 1420 :
« Ἔστιν οὖν κατὰ τὸ σχῆμα τρίγωνος, καὶ τὴν περίμετρον ἔχει μιλίων ὀκτωκαὶδεκα. Τὸ γοῦν ἀπὸ τῆς πρώτης γωνίας διάστημα τοῦ Ἁγίου Δημητρίου μέχρι τῆς τῶν Βλαχερνῶν γωνίας ἔξ μιλίων καὶ ἐν αὐτῷ δέκα καὶ ἐκατὸν ἵστανται πύργοι· καὶ τὸ ἐντεῦθεν πάλιν μέχρι τῆς Χρυσῆς καλουμένης πύλης μιλίων πέντε μετὰ διδύμου τείχουν καὶ σούδας ὑδάτων πλῆθος ἐχούσης. Εἰσὶ δὲ καὶ ἐν τῷ ὑψηλοτάτῳ τείχει πύργοι ἐννενήκοντα πρὸς τοῖς ἕξ. Ἀπ’ αὐτῆς δὲ τῆς Χρυσῆς πύλης μέχρι πάλιν τοῦ Ἁγίου Δημητρίου μίλια εἰσὶν ἑπτὰ καὶ πύργοι ὀκτὼ καὶ ἐννενήκοντα πρὸς τοῖς ἑκατόν ».
« Constantinople a la forme d’un triangle et un périmètre de dix-huit milles. La distance du premier angle, celui de Saint-Démétrius, à l’angle des Blaquernes est de six milles, et dans cet espace se dressent cent-dix tours ; des blaquernes à la Porte Dorée, il y cinq milles, avec un double mur et un fossé rempli d’eau. Le mur, qui est très élevé, porte quatre-vingt-seize tours. Enfin, de la Porte Dorée à Saint-Démétrius, il y a sept milles et cent quatre-vingt-dix-huit tours9 ».
7Le manuscrit de Schiltberger, ca. 1426-1427 :
« Es iste auch ze mercken, das die stat Constantinopel XVIII wellisch meyl umbfangen [ist] mit der rinckmauer und die rinckmaur hat XV C thuren ; und die stat ist trieckatt, die zway tayl der stat hat dans mer umbfangen ».
« Il convient également de noter que la ville de Constantinople est entourée d'une muraille circulaire d'une circonférence d'environ dix-huit milles, dotée de quinze cents portes. La ville a une forme triangulaire, et deux tiers de la ville sont bordés par la mer10 ».
8Bertrandon de la Broquière en 1432 :
« Et inde primum ea ex amplissima trigonia urbe viderat ingentia atque nobilia ex cocto latere moenia maritimum a duobus partibus littus alteramque circumdantia terciam et mediterraneam partem ; vidit et insignem illam regiam de marmore Portam Chryseam a divo Theodosio conditam duabus marmoreis turribus munitam ; et a facie prima ab extra marmoreae primae parietes ornatae videntur antiquis ex Phidia [sic] operibus ibidem ab eo principe aliunde deductis. Ibidem vero arma a Vulcano Achilli Thetidis gratia edita arte fabrefactoris eximia conspectantur,<quae> hinc inde columnis pulcherrimis exornata viderat ».
« Et est tres bien fermée d’assés bonnes murailles tout autour et, par especial, la part qui est vers la terre ; laquelle premièrement de l’un coing à l’autre qui sont VI milles, comme dit est, à ung fossé tout curé, exepté aà ung des boutz devant Père, environ IIe pas du palais qu’on appelle la Blaquerne pour ce que d’eulx mesmes les fossés sont assés parfons pour une montaignete qui est au-devant11 ».
9La Vie de Cyriaque d’Antioche, ca. 1418-1437 :
« Et inde primum ea ex amplissima trigonia urbe viderat ingentia atque nobilia ex cocto latere moenia maritimum a duobus partibus littus alteramque circumdantia terciam et mediterraneam partem ; vidit et insignem illam regiam de marmore Portam Chryseam a divo Theodosio conditam duabus marmoreis turribus munitam ; et a facie prima ab extra marmoreae primae parietes ornatae videntur antiquis ex Phidia [sic] operibus ibidem ab eo principe aliunde deductis. Ibidem vero arma a Vulcano Achilli Thetidis gratia edita arte fabrefactoris eximia conspectantur,<quae> hinc inde columnis pulcherrimis exornata viderat ».
« Et tout d'abord, on vit ces énormes et célèbres murailles maritimes sortant d'une très vaste ville en forme de triangle, entourant le littoral de deux côtés et une troisième partie côté intérieur ; on vit également le palais royal en marbre avec la Porte d'Or, érigée par l'empereur Théodose, protégée par deux tours en marbre ; et depuis l'extérieur, les murs extérieurs en marbre semblent ornés d'œuvres anciennes de Phidias, importées par ce même empereur. En ce lieu, les armes forgées par Vulcain en l'honneur d'Achille pour Thétis sont également remarquables, ornant de superbes colonnes ici et là12 ».
10La description de Tafur, ca 1437-1438 :
« La çibdat de Constantinopla es fecha en triángulo, las dos partes en la mar é la una en tierra, é muy notablamente murada á grant maravilla. Dizen que vino el Turco á la çercar é la tuvo en grant estrecho ; é mirándola el que teníe el cargo de las minas, dixo al Turco señor, esta çibdat non se puede tomar por mina, porque los muros della son todos de açero, é non se falla el cabo — é esto se dize porque los muros son de muy altos é gruessos mármoles entretexidos ».
« La ville de Constantinople est construite en forme de triangle, avec deux côtés bordés par la mer et le troisième côté sur terre, et elle est extrêmement bien fortifiée. On dit que les Turcs ont tenté de l'assiéger, mais en l'observant, le responsable des mines a déclaré au seigneur turc que la ville ne pouvait pas être prise par un siège, car ses murs sont tous en acier, et il n'y a pas de point faible, ceci étant dû au fait que les murs sont construits en marbre très épais et solide13 ».
11La vision turque est tout aussi théorique et descriptive comme l’attestent les observations d’Âşıkpaşazade14 et de Tursun Bey, tous deux témoins du siège de 145315 :
« C’était une enceinte bien renforcée…dont deux côtés étaient bordés par l’eau et le troisième par la terre ferme (…). Ils avaient renforcé [ces murailles] de tours franques rapprochées les unes des autres, triangulaires, circulaires, quadrangulaires ou hexagonales. »
12Les qualificatifs sont éloquents. Une « bonne » et « énorme » muraille « en acier », « extrêmement bien fortifiée », « haute » et entourée de fossés remplis d’eau et bien curés, Constantinople peut résister à tous les assauts. Mais quelle réalité se cache derrière ces propos écrits sous le coup de l’émotion et probablement recopiés ?
13Cette impression monumentale contraste toutefois avec une situation urbaine16 et économique fragilisée17. La réduction du territoire impérial, la contraction démographique18 et la dépendance croissante à l’égard des réseaux marchands étrangers limitent fortement les capacités financières de l’État byzantin. Toutefois, loin d’un effondrement brutal, la ville conserve des structures administratives, fiscales et économiques fonctionnelles19, permettant encore la conduite de travaux ciblés. Dans ce contexte de fragilisation matérielle, l’universalisme impérial demeure l’un des rares fondements symboliques encore pleinement mobilisables par le pouvoir. La Ville continue d’être pensée comme centre du monde chrétien et romain, et cette prétention universelle exige d’être rendue visible.
14Les inscriptions apposées sur les remparts ne doivent donc pas être comprises comme de simples marques de chantier, mais comme des dispositifs visuels destinés à affirmer, face à la fragilisation de la Ville, la permanence de l’autorité impériale et de la protection divine. La question de l’implication impériale dans les ouvrages défensifs n’est pas nouvelle, elle est même au centre des préoccupations. Les dédicaces impériales restent les inscriptions les plus courantes. Cela souligne le lien qui existe entre l’empereur, bras armé du Christ-Dieu, le message de l’inscription, souvent peu visible, mais remplissant une fonction apotropaïque, tourné vers l’extérieur dans le but de repousser les ennemis de l’empire des chrétiens, et les élites qui par leur participation à la défense contribuent à la diffusion de la propagande impériale20.
Le dossier épigraphique21
15Le dossier est composé de seize inscriptions échelonnées de 1424-25 à 1448-49. Le dossier est malheureusement lacunaire, une bonne partie du corpus ayant été détruit en 1453 ou pendant la période ottomane. Cependant, les rares indices laissés sur place ou notés par les voyageurs des xviiie et xixe siècle permettent de se faire une petite idée des étapes de restauration du rempart qui ont précédés la catastrophe de 1453. Trois périodes se dessinent clairement :
16Les conséquences du siège de 1422.
17Les conséquences du blocus de 1430.
18La période 1437-1449 qui voit un renforcement étalé mais constant du rempart.
19L’ensemble permet d’établir l’existence d’un programme cohérent d’inscriptions impériales sur les remparts, inscrit dans le temps long du règne de Jean VIII, et non une série de marques de chantier isolées.
Phase 1 : Après le siège de 1422.
201) Septembre 1424 – Juillet 1425. Entre Edirne Kapı et Eǧri kapı22.
« Μανουήλ ἐν Χ(ριστ)ῷ τὸ θεῷ πιστὸς βασιλεύς καὶ αὐτοκράτωρ Ῥωμαίων ὁ Παλαιολόγος ἔτους ͵ϛϡλγʹ »
« Manuel Paléologue ayant foi dans le Christ-Dieu, basileus et autokratôr des Romains, l’an 6933. »
Phase 2 : Effet du blocus de 1431 ?
212) 1432-1433. Avant-poste 77a (Porte de Kharisios/sulukule kapı)23. La même tour a été restaurée entre 1449 et 1453 sous la direction de Iagaris (voir plus bas n° 16). L’expression de « kastron » laisse supposer, selon A. Rhoby, que l’inscription désigne l’ensemble de la restauration des remparts, ce qui ne serait pas étonnant au vu de la localisation de l’inscription et de sa monumentalité.
Fig. 1 : Inscription de l’avant-poste 77a. (Voir l’image au format original).

Crédits : Arnaud Loaëc.
« + Ἀνεκαὶνισε τὸ κάστρον ὅλον Ἰω(άννης) ἐν Χ(ριστ)ῷ αὐ-
τοκράτωρ ὁ Παλαιολόγος ἐν ἔτει ͵ϛϡμαʹ »
223) 1432-1433. Inscription copiée par l’abbé Domenico Sestini en 1783 sans grande précision quant à sa localisation. Il longe le rempart terrestre et note près de Yeni Kapı : « De temps en temps, de ce côté aussi, on peut observer des inscriptions grecques ; parmi les nombreuses qui sont endommagées par le temps, j'ai recopié celle-ci, qui se trouve sur une tour24. » Il copie « une inscription quasi identique dans une église en ruine située à côté du monastère de la Panaghia sur une des îles des princes (Büyükada)25. »
Fig. 1bis : copie de D. Sestini. (Voir l’image au format original).

Crédits : Gallica.fr
« +Ἰω(αννου) ἐν Χριστῷ αὐτοκράτο-
ρος τοῦ Παλαιολόγου
[---]
͵ϛϡμαʹ ἔτους. »
« Jean Paléologue (ayant foi) dans le Christ (…) l’an 6941. »
Phase 3 : 1437-1448.
23Programme lancé au moment du départ de l’empereur pour Rome. Volonté impériale de restauration des murs en vue d’un nouveau siège qui s’annonce inéluctable.
244) Mai 1437 (Meyer-Plath, 20 ; Janin, 275), tour 35 (porte de Silivri)26. Cette inscription est assez différente de la série des inscriptions officielles du programme de restauration impériale. En effet, la paléographie est particulièrement proche des actes de chancellerie écrits. Manuel Bryennios Léontaris aura probablement voulu imprimer sa marque par une inscription plus riche et complexe que les plaques officielles de dédicaces des tours.
Fig. 2 : Inscription de la tour 35. (Voir l’image au format original).

Crédits : Arnaud Loaëc.
« + ἀνεκαινίσθη ἡ
θεόσωστος πύλη αὐτὴ
τῆς Ζωοδ(ό)χου Πηγῆς διὰ
συνδρομῆς καὶ ἐξόδου Μα-
νουὴλ Βρυεννίου τοῦ Λε-
οντάρι ἐπὶ τῆς βασιλείας
τῶν εὐσεβῶν βασιλέων
Ἰω(αννου) καὶ Μαρίας
τῶν Παλαιολόγων,
ἐν μηνὶ μαΐῳ [ἰνδικτιῶν]ος αʹ
ἐν ἔτει ͵ϛϡμϛʹ ».
« Cette porte gardée de Dieu de la source vivifiante a été restaurée avec le concours et aux frais de Manuel Bryennios Léontaris27 sous le règne des très pieux souverains Jean et Marie Paléologue28, la 1ère indiction, au mois de mai 6946. »
255) Octobre 1437. Avant-tour 4129.
« Ἰω(αννου) ἐν Χριστῷ αὐτοκράτορος τοῦ Παλαιολόγου κατὰ μῆνα ὀκτόβριου τοῦ ͵ϛϡμϛʹ ἔτους. »
« Jean Paléologue (ayant foi) dans le Christ, autokratôr, au mois d’octobre l’an 6946. »
266) Janvier 1438, avant-poste 38a, inscription déposée au Bode Museum à Berlin. Système des lettres d’or30.
Fig. 3 : Inscription de l’avant-poste 38A. (Voir l’image au format original).

Crédits : Arnaud Loaëc.
« Ἰω(αννου) ἐν Χριστῷ αὐτοκράτορος τοῦ Παλαιολόγου κατὰ μῆνα ἰανουάριου τοῦ ͵ϛϡμζʹ ἔτους. »
« Jean Paléologue (ayant foi) dans le Christ, autokratôr, au mois de janvier, l’an 6946. »
277) Avril 1438, tour 34, mur extérieur. Système des lettres d’or31.
Fig. 4 : Inscription de la tour 34. (Voir l’image au format original).

Crédits : Arnaud Loaëc.
« Ἰω(αννου) ἐν Χριστῷ αὐτοκράτορος τοῦ Παλαιολόγου κατὰ μῆνα ἀπρίλιου τοῦ ͵ϛϡμζʹ ἔτους ».
« Jean Paléologue (ayant foi) dans le Christ, autokratôr, au mois d’avril, l’an 6946. »
288) Avril 1438, pas d’information sur la forme de l’inscription32.
« + Ἰω(άννου) ἐν Χ(ριστ)ῷ
Αὐτοκράτορος τοῦ Παλαι-
Ολόγου κατὰ μῆνα Ἰούνιου
Τοῦ ͵ϛϡμϛʹ ἔτους ».
« Jean Paléologue (ayant foi) dans le Christ, autokratôr, au mois d’avril, l’an 6946. »
299) Juin 1439, avant-tour 27, mur extérieur33.

« Ἰω(αννου) ἐν Χριστῷ αὐτοκράτορος τοῦ Παλαιολόγου κατὰ μῆνα ἰουνίου τοῦ ͵ϛϡμηʹ ἔτους ».
« Jean Paléologue (ayant foi) dans le Christ, autokratôr, au mois de juin, l’an 6947. »
3010) Août 1441, entre les tours 12 et 13 du palais des Blachernes34.

« + Ἰωάννης ἐν Χ(ριστ)ῷ Θ(ε)ῷ πιστὸς βασιλεὺς
Καὶ αὐτοκράτωρ Ῥωμαίων ὁ Παλαιολόγος κατὰ
μῆνα αὐγουστον τἠς δʹ ἰν(δικτιῶνος) τοῦ ͵ϛϡμθʹ ἔτους ».
« Jean Paléologue dans le Christ-Dieu, pieux basileus et autokratôr des Romains, au mois d’août, la 4e indiction, l’an 6949. »
3111) 1443-1444 : 10e tour juste avant Belgradkapı35.

« +Ἰω(αννου) ἐν Χριστῷ
αὐτοκράτορος
τοῦ Παλαιο-
λόγου· τοῦ
͵ϛϡνβʹ ἔ-
τους.+ »
« Jean Paléologue (ayant foi) dans le Christ, l’an 6952. »
3212) 1446 – Silivri Kapı. Fragment d’inscription latine36 ?
DA..D.NT..
1446 A.
« Da(tum ?) »
3313) 1447-1448. Pas de localisation37.

« + Ἰω(άννου) ἐν Χ(ριστ)ῷ αὐτοκρά-]
τορος τοῦ Πα-
λαιολόγου
τοῦ ͵ϛϡνϛʹ (d’après le dessin et non H comme le transcrit MP et S).
ἔτους ».
« Jean Paléologue (ayant foi) dans le Christ, l’an 6956 (?) »
3414) 1447-1448. Dédicace de la construction du despote serbe Georges Brankovic dans le secteur de Kontoskalion en 1448-1449 : il fait élever une courtine. Technique des lettres d’or. Déposée au musée d’Istanbul38.
Fig. 5 : Dédicace de la construction du despote serbe Georges Brankovic.
(Voir l’image au format original).

Crédits : Arnaud Loaëc.
« +Ἀνεκενίσ-
Θην οὗτος
ὁ πύργος καὶ
ἡ κορτίνα ὑ-
πὸ Γεωρ-
γίου Δεσποτοῦ
<Σ>ερβίας +
Ἐν ἔτει ͵ϛϡνϛʹ »
« Le mur et la courtine ont été achevés sous Georges despote de Serbie, l’an 6956. »
3515) Règne de Jean VIII sans précision39.
« Ἰω(αννου) ἐν Χριστῷ αὐτοκράτορος τοῦ
Παλαιολόγου· »
« Jean Paléologue (ayant foi) dans le Christ. »
3616) 1448-1453 ? Avant-poste 77a (Edirne Kapi), au-dessus de l’inscription mentionnant Jean VIII. Fragment mentionnant Manuel Iagaris40 qui se voit confier 20.000 florins en 1453 par l’empereur Constantin XI pour restaurer les remparts. Accusé d’avoir détourné cet argent, l’inscription prouve qu’au moins une partie a bien été employée à cette fin.
Fig. 6 : Fragment mentionnant Manuel Iagaris. (Voir l’image au format original).

Crédits : Arnaud Loaëc.
« Μανουὴλ τοῦ ᾿Ιάγαρι ».
« Manuel Iagros. »
37La cohérence de ce corpus ne tient pas seulement à sa concentration chronologique ou à sa répartition spatiale, mais également à la nature même du discours impérial qu’il véhicule. La répétition de la titulature impériale, l’insistance sur le nom du basileus et l’absence de toute référence locale ou circonstancielle inscrivent ces textes dans une logique qui dépasse largement le cadre du chantier ou de la restauration ponctuelle.
38Dans le contexte du xve siècle, alors que le pouvoir impérial a perdu l’essentiel de son assise territoriale, l’universalisme demeure l’un des rares fondements idéologiques encore pleinement mobilisables. L’inscription, apposée sur les remparts de la Ville, participe de cette revendication : elle affirme la continuité de l’autorité impériale romaine non par la domination effective de l’espace, mais par sa mise en scène symbolique. Le rempart, frontière ultime de l’Empire, devient ainsi le support privilégié d’un discours universel, destiné autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
39L’homogénéité formelle et discursive de ces inscriptions suggère dès lors un programme conscient, dans lequel la multiplication des textes ne vise pas tant à documenter les travaux qu’à rendre visible la persistance de l’ordre impérial et de la protection divine sur la Ville. Cette dimension idéologique, indissociable du choix des supports et des formules, invite à lire l’ensemble du corpus comme un dispositif visuel et politique, préparant une analyse paléographique qui ne saurait se limiter à une approche strictement descriptive41.
Le témoignage d’un programme de restauration impériale pour faire face à la menace ottomane
40L’historiographie traditionnelle se montre plus nuancée sur la question. Les murailles sont signalées comme mal entretenues42 bien qu’elles fassent l’objet de restaurations ponctuelles depuis 120443. Celles de Jean VIII sont assez onéreuses44, mais invisibles dans les sources qui n’y prêtent que peu d’attention. L’écart chronologique entre les inscriptions peuvent rendre compte de l’insuffisance des fonds pour mener un tel programme45, argument à nuancer car les restaurations complètes des murs ont été rares, même aux époques les plus faste de l’Empire. De plus, les restaurations peuvent être confiées à des mécènes privés comme Manuel Bryennios (n°4) Manuel Iagaris (n°16) qui se voit confier 20.000 florins ou le cardinal Isidore qui finance la partie nord du rempart, autour de la tour d’Anemas, sortant ainsi ces restaurations du champ officiel de l’administration impériale46. Ivan Djuric47 va dans le même sens en s’appuyant sur le « Louange à l’autokratôr » dédié à Jean VIII lors de son retour de Morée en septembre 1432 ou à l’été 143348.
41Sans totalement affirmer que Jean VIII a initié un programme cohérent de restauration des remparts, la répétition et l’homogénéité du corpus invite à poser la question d’une volonté impériale. Associé au pouvoir depuis 1414, Jean VIII accède à l’empire en 1425. Il représente une nouvelle génération de dirigeants plus hostiles vis-à-vis de Turcs49. Dès 1427 il se préoccupe de la protection du ravitaillement de la Ville. Il fait restaurer et agrandir le port du Kontoskallion, visiblement en très mauvais état50, qu’il renforce par la construction de deux tours dans la région de Vlanga et fait reconstruire la tour « impériale51. » Mais c’est la muraille terrestre qui le préoccupe pour le moment. En effet, la menace turque se fait de plus en plus pressante après la chute de Thessalonique en 1430 et la poussée vers la Valachie. Mais c’est le blocus de Constantinople et ses conséquences qui semble pousser le jeune empereur à prendre des mesures énergiques pour renforcer la Ville. Les fossés aux pieds des Blachernes sont curés puis les murs sont restaurés entre la porte d’Andrinople et celle de Yedikule que les inscriptions signalent achevés dans le courant de l’année 1432-143352 et ce que confirme le récit de Bertrandon de la Broquière qui escale dans la capitale byzantine à la fin de l’année 143253.
42L’annonce du départ de l’empereur pour le concile de Ferrare-Florence en 143754 est l’objet d’une possible relance des restaurations, et cela pour deux raisons. D’abord, le départ de l’empereur provoque une importante anxiété dans la capitale, causée d’abord par la finalité du concile55. Mais plus grave encore, le sultan réagit durement à cette nouvelle considérant la décision de l’empereur comme agressive. Cependant, l’action du gouverneur proturc de Constantinople, Paul Asanès56, et du vizir Halîl Djandarlï ont permis d’éviter le conflit de justesse57. La menace a été pourtant assez vive pour obliger l’empereur à prendre les dispositions nécessaires pour la défense de la Ville en son absence en lançant un important programme de réfection des remparts58. La partie située entre la porte de Rhégion et la porte « militaire » d’une part, et le secteur des portes de Xylokerkos (la porte de Belgrade) 59, de Pégès (porte de la source, actuelle porte de Silivri)60 et des Blachernes61 sont ainsi renforcés. L’ensemble épigraphique de ce programme montrent une très grande cohérence comme le souligne la ressemblance des inscriptions. Toutes comportent le même texte sur des plaques de dimensions quasi-identiques, insérées dans des niches dont l’emplacement est encore visible sur certaines tours.
43C’est dans une ville particulièrement troublée par les intrigues de ses frères que Jean VIII rentre en février 1440. De plus, les restaurations entamées en 1438 sont loin d’être achevées. La lenteur des travaux peut être imputée au manque de fonds62, mais aussi à des raisons politiques. La révolte gronde contre l’Union dont l’idée est loin d’être partagée à Constantinople, le tout peut-être insidieusement encouragé par les sentiments proturcs du co-gouverneur (képhalè) de Constantinople, Paul Asanès63. C’est vraisemblablement cette situation qui justifie le choix de l’empereur de le remplacer par Démétrios Paléologue Métochitès dès avril 1441, proche de l’empereur, comme co-gouverneur de Constantinople64. L’Union des Églises, la destitution (et la mort) de Paul Asanès, il n’en faut pas plus pour mécontenter Mourad II qui décide de pousser Démétrios Paléologue dans un siège contre Constantinople en 1442. La situation peut expliquer la raison pour laquelle Jean VIII envoie une ambassade auprès de Philippe le Bon, duc de Bourgogne65, tout en espérant que la campagne entamée par Jean Hunyadi au même moment détourne Mourad II de la capitale. L’allongement des travaux de restaurations des remparts prennent ainsi tout leur sens.
44La suite des événements ne peut que donner espoir à l’empereur. La victoire de de Jean Hunyadi en Valachie le 2 septembre 1442, l’appel à la croisade d’Eugène IV le 1er janvier 1443 et l’offensive de Constantin Paléologue depuis la Morée au printemps donnent un peu d’air à l’empereur qui peut achever les travaux entrepris en 143866.
45Les victoires de Ladislas III, Jagellon, Hunyadi et Georges Brankovic en octobre-novembre 1443 sur le gouverneur turc de Roumélie, le soulèvement de l’Albanie au même moment67 et la victoire hongroise de janvier 1444 renforcent les espoirs de Jean VIII. Mais des pourparlers commencés en mars 1444 aboutissent le 12 juin au traité d’Edirne entre Murad II et les souverains de Hongrie et de Serbie68. La seule carte qui reste à jouer pour l’empereur reste la promesse de croisade du pape. En septembre 1444, Rome tente de pousser l’avantage et délie les souverains balkaniques de leur serment envers Mourad. L’armée hongroise passe le Danube les 20-22 septembre, obligeant Mourad II à sortir de sa retraite pour écraser la croisade à Varna le 10 novembre 144469 entrainant l’effondrement des espoirs byzantins de se libérer des Turcs dans les Balkans.
46Passé 1443, les inscriptions se font rares. Le gros de l’effort a été porté sur le rempart terrestre mais reste que le rempart maritime a lui aussi besoin d’être entretenu. Malheureusement les fonds manquent et les promesses de soutien financier des alliés ne sont pas tenues. Le fragment d’inscription de 144670 semble indiquer une participation latine aux travaux de Selivri Kapı, mais ce dernier est trop lacunaire pour en tirer une analyse solide.
47Terminons enfin par le secteur du Kontoskalion financé par le despote serbe Georges Brankovic en 1448-144971. Le soutien de Brankovic à Constantinople l’année de la catastrophe de Kosovo72 est d’ailleurs à souligner, autant que l’aridité des études sur cette inscription et sur les relations entre le despote serbe et l’empereur.
Une paléographie au service de l’idéologie impériale
48Le corpus est constitué de deux groupes d’inscriptions :
491. Les plaques officielles de restauration du programme lancé en 1432 puis en 1437 composé d’un formulaire stéréotypé portant le nom de l’empereur, sa titulature et la date d’achèvement. Ces stèles sont de petite taille et insérées dans une niche se situant au-dessus de l’entrée ou sous le crénelage de la tour. Les lettres sont creusées et pourvues de pattes de scellement pour accueillir des lettres en bronze (technique des « lettres d’or »). Seules les photographies des inscriptions 6 et 7 permettent une étude paléographique précise. L’inscription de Brankovic, par ses procédés, s’inscrit dans le même processus de production épigraphique. Un cas à part est à signaler pour le linteau gravé et orné de lettres d’or.
502. La plaque de la porte de Silivri73 (et probablement le bloc d’Edirne Kapı74) constitue une exception dans le programme épigraphique car elle émane d’une source privée (mais vraisemblablement sur commande publique) et est constituée d’un texte beaucoup plus riche que le programme officiel. L’inscription est insérée dans une niche à gauche de la porte. Ce texte présente des majuscules hybrides proches de la chancellerie (formes plus écrites, moins monumentales) et la présence de nombreuses abréviations rapproche ces textes de la paléographie des chartes75.
51L’analyse paléographique des inscriptions de rempart se heurte d’emblée à une difficulté méthodologique bien identifiée par l’historiographie récente : il n’existe pas, pour la période des Paléologue, de canon épigraphique byzantin comparable à ceux de l’Antiquité ou du haut Moyen Âge. Comme l’a souligné A. Rhoby76, l’écriture des inscriptions byzantines dépend étroitement du contexte de production – support, visibilité, commanditaire, fonction symbolique – et non d’un modèle lapidaire stable. Au XVe siècle, la disparition progressive des ateliers spécialisés et la marginalisation de la gravure monumentale conduisent à une grande hétérogénéité graphique. L’inscription ne vise plus prioritairement la lisibilité ni l’information pratique, mais l’affirmation visuelle d’une présence impériale et religieuse. C’est dans ce cadre qu’il convient d’aborder les textes gravés sur le rempart de Constantinople.
52Sans vouloir absolument l’imposer à l’ensemble de l’épigraphie du XVe siècle, Herbert Hunger77 a cependant proposé le concept de « majuscule épigraphique d’apparat » (epigraphische Auszeichnungsmajuskel), issue du monde manuscrit et utilisée à des fins symboliques dans des contextes épigraphiques. Cette écriture n’est ni la survivance directe de la capitale antique, ni une simple transposition de la minuscule byzantine, mais un registre graphique intermédiaire, destiné à conférer au texte un statut particulier. À la fin de l’Empire byzantin, cette écriture d’apparat n’est plus un système maîtrisé : elle se caractérise par des formes alourdies, une verticalisation des lettres, des proportions irrégulières et une contamination croissante par les habitudes du ductus manuscrit. Loin d’être un signe d’archaïsme conscient, ces traits traduisent au contraire l’affaiblissement d’une tradition graphique déjà largement reconstruite. Une nuance s’impose néanmoins. Les conditions techniques de la gravure de l’inscription, les compétences du graveur ou encore les contraintes liées au chantier peuvent aussi influer sur la paléographie.
53Les inscriptions du rempart présentent précisément ces caractéristiques. L’examen des formes de lettres (fig. 11), des abréviations et de l’ordonnancement général du texte révèle l’absence de patron lapidaire homogène. Les variations observées d’un panneau à l’autre suggèrent des mains différentes et une exécution dépendante de modèles préexistants, probablement manuscrits. La comparaison avec des manuscrits liturgiques contemporains, conservés notamment à la Lavra de l’Athos, à Patmos ou à Oxford, montre des convergences frappantes : mêmes structures de lettres, mêmes contrastes entre pleins et déliés, mêmes hésitations dans le tracé78. Ces parallèles confirment que l’écriture des inscriptions relève d’une transposition monumentale d’une écriture de prestige manuscrite, et non d’une tradition lapidaire autonome.
Analyse de quelques lettres des inscriptions
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Lettres |
Forme |
Interprétation |
|
Α |
Panse ouverte, sommet pointu |
Tendance à la géométrisation tardive |
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Ω |
Forme « cassée », ouverte en bas |
Influence de la majuscule liturgique des manuscrits |
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Ε |
Haste médiane en escalier |
Graphie typique de la période paléologue tardive |
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Σ |
Trois barres verticalisées, très droites |
Style formel, non cursif qui rappelle la production d’atelier |
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Μ/Ν |
Hampe très hautes, étirées |
Volonté de monumentalité malgré l’exiguïté du support. |
54Enfin, même si l’intention exacte nous échappe, l’usage ponctuel de « lettres d’or » constitue l’aboutissement symbolique de ce dispositif graphique. La chrysographie, bien attestée dans les manuscrits liturgiques et impériaux79, confère au texte une dimension théologique explicite : l’or, associé à la lumière divine, inscrit l’inscription dans un registre performatif. Dans le contexte des derniers efforts de mise en défense de Constantinople, cette écriture lumineuse ne vise pas à transmettre une information technique, mais à réactiver symboliquement la protection divine et la continuité impériale80. L’inscription devient ainsi un acte rituel gravé dans la pierre, participant pleinement de la stratégie idéologique de défense de la Ville.
Fig. 7 : Détail de l’inscription de l’avant-poste 38a.
(Voir l’image au format original).

Crédits : Arnaud Loaëc.
Conclusion
55Les inscriptions étudiées constituent un témoignage important sur les derniers efforts entrepris par le pouvoir byzantin pour assurer la défense matérielle de Constantinople sous le règne de Jean VIII. Elles s’inscrivent dans une séquence bien documentée de travaux de consolidation et de restauration des remparts, révélant la capacité persistante de l’État impérial à mobiliser des ressources, à organiser des chantiers d’ampleur et à inscrire ces actions dans un cadre officiel. À ce titre, elles nuancent l’image d’un Empire déjà paralysé ou désorganisé et montrent, au contraire, une volonté consciente de maintenir les instruments traditionnels de la défense urbaine jusqu’aux dernières décennies précédant la chute de la Ville.
56Cependant, l’analyse paléographique invite à dépasser une lecture strictement documentaire de ces textes. L’absence de tout canon lapidaire stable, la variabilité des formes de lettres, ainsi que la dépendance manifeste à des modèles manuscrits d’apparat montrent que ces inscriptions ne relèvent plus d’une tradition épigraphique monumentale autonome. Elles s’inscrivent dans le registre de ce que Herbert Hunger a défini comme une epigraphische Auszeichnungsmajuskel, écriture d’apparat à fonction symbolique, largement détachée des contraintes de lisibilité et de normalisation graphique. Cette écriture tardive, déjà reconstruite et affaiblie, témoigne moins d’un archaïsme conscient que d’une adaptation des pratiques graphiques disponibles à un usage monumental spécifique.
57L’emploi ponctuel de lettres dorées accentue encore cette dimension non informative de l’inscription. Par la chrysographie, l’écriture se charge d’une valeur théologique explicite : la lumière, associée à l’or, inscrit le texte dans un registre performatif où l’acte d’écrire devient un geste rituel. Dans le contexte de la défense du rempart, l’inscription ne se contente plus de signaler une intervention impériale ; elle participe à la mise en scène d’une protection divine et à l’affirmation visuelle d’une continuité impériale menacée.
58Ainsi, loin de pouvoir être interprétées comme de simples documents techniques ou comme des survivances formelles d’une épigraphie ancienne, les inscriptions tardives du rempart apparaissent comme des dispositifs idéologiques complexes. Elles révèlent un moment où l’épigraphie byzantine, déjà éloignée de ses fonctions originelles, devient l’un des derniers langages par lesquels l’Empire finissant affirme sa légitimité, sa capacité d’action et son inscription dans un ordre sacré, au moment même où cet ordre est sur le point de disparaître.
Documents annexes
- Fig. 1 : Inscription de l’avant-poste 77a.
- Fig. 1bis : copie de D. Sestini.
- Fig. 2 : Inscription de la tour 35.
- Fig. 3 : Inscription de l’avant-poste 38A.
- Fig. 4 : Inscription de la tour 34.
- Fig. 5 : Inscription de l’avant-tour 27, mur extérieur.
- Fig. 6 : Fragment mentionnant Manuel Iagaris.
- Fig. 7 : Détail de l’inscription de l’avant-poste 38a.
Notes
1 « Οὐδὲν ἄλλο ὑπέλειπται τῇ βασιλείᾳ ἢ μόνον ἡ πόλις καὶ τὸ ὄνομα. » (Geôrgios Sphrantzès, Χρονικὸν μικρόν, éd. Vasiliev & Grecu, Georgios Sphrantzes. Memorii 1401–1477, Bucarest, 1966, I ; 18).
2 Très bien présentées dans E. Malamut, « Les ambassades du dernier empereur de Byzance », dans C. Zuckerman et al., Mélanges Gilbert Dagron, Paris, Association des Amis du Centre d'Histoire et Civilisation de Byzance, (Travaux et mémoires. Collège de France, Centre de Recherche d’Histoire et Civilisation de Byzance, 14), 2002, p. 429-448.
3 Pour le récit de la chute, on citera l’incontournable S. Runciman, The Fall of Constantinople, 1453, Cambridge, Cambridge University Press, 1969, un peu daté. Plus récemment, voir l’excellente présentation faite dans V. Deroche et N. Vatin (dir.), Constantinople 1453. Des Byzantins aux Ottomans, Toulouse, Anacharsis, 2016.
4 I. Djuric, Le crépuscule de Byzance, Paris, Maisonneuve & Larose, 1996.
5 M. Philippides et W. K. Hanak, The Siege and the Fall of Constantinople in 1453 : Historiography, Topography, and Military Studies, Farnham, Ashgate, 2011 font l’inventaire de l’ensemble du rempart. Plus généralement, la question du rempart a été traité de longue date par A. van Millingen, Byzantine Constantinople : the walls of the city and adjoining historical sites, London, J. Murray, 1899 ; B. Meyer-Plath et A. Maria Schneider, Die Landmauer von Konstantinopel, Berlin, de Gruyter, 1938–1943 et plus récemment par N. Asutay-Effenberger, Die Landmauer von Konstantinopel-İstanbul. Historisch-topographische und baugeschichtliche Untersuchungen, Berlin, Walter de Gruyter, (Millenium-Studien zu Kultur und Geschichte des ersten Jahrtausends, 18), 2007.
6 Ce fut le cas par Schneider Meyer-Plath et Alfons Maria Schneider, Die Landmauer von Konstantinopel, vol. II : Aufnahme, Beschreibung und Geschichte, Berlin, De Gruyter, 1943. On les retrouve aussi dans R. Janin, Constantinople byzantine, Paris, Institut d'Études Byzantines, 1964, p. 273-277 et 284.
7 Le projet est mené depuis 2017 par le Centre pour les Études sur l'Antiquité Tardive et Byzantine de l'Université Koç - Fondation Stavros Niarchos (GABAM) dirigé par Neslihan Asutay-Effenberger.
8 Un grand merci à Jean-Pierre Grélois pour m’avoir procuré ces sources.
9 Cristoforo Buondelmonti, Liber insularum archipelagi, 1420, édition du manuscrit grec du Sérail par E. Legrand, Description des îles de l’archipel, Première partie, Paris, E. Leroux, 1897, p. 85, trad. p. 241. Voir sur l’auteur et son livre, A. Perreau, « Le Liber Insularum Archipelagi : cartographier l’insularité comme outil de légitimation territoriale », Memini [En ligne], 25, 2019, mis en ligne le 28 décembre 2019, consulté le 29 octobre 2023 (https://doi.org/10.4000/memini.1392).
10 Johannes Schiltberger, Hans Schiltbergers Reisebuch nach der Nürnberger Handschrift, V. Langmantel (éd.), Tübingen, H. Laupp, 1885, p. 45.
11 Bertrandon de la Broquière, Le Voyage d’Outremer, C. Schefer (éd.), Paris, E. Leroux, 1892, p. 151
12 Cyriaque d’Antioche, Vita, 39, vers 1418-1437).
13 Pedro Tafur, Andanças e viajes de Pedro Tafur por diversas partes del mundo avido (1435-1439), vol. I, M. Jimenez de la Espada (éd.), Madrid, Miguel Ginesta, 1874, p. 179.
14 Âşik Paşazade, Histoire des Ottomans (en turc), éd. Kemal Yavuz – M. A. Yekta Saraç, Istanbul, 2003.
15 Cité dans V. Deroche, N. Vatin (dir.), Constantinople, 1453…, op. cit., p. 195-196
16 « Et cette cité cy faite par villaiges et y a beaucoup plus de vuyde que de plain » (Bertrandon de la Broquière, Voyage d’Outremer, 1432, éd. Ch. Shefer, 1892, p. 153). L’Andalou, Pero Tafur confirme cette vision en 1435-1439 en précisant que la côte est mieux peuplée (cité par A. Ducellier, Byzance et le monde orthodoxe, Paris, Armand Collin, p. 429). Manuel Chrysoloras signale que la Ville est parsemée de ruines sous Jean VIII.
17 D. A. Zakythinos, « Crise monétaire et crise économique à Byzance du XIIIe au XVe siècle », dans L’Hellénisme contemporain, Athènes, 1948 (ancien) ; C. Morrisson, Monnaie et finances à Byzance : analyses, techniques, Aldershot, 1994.
18 Sur le sujet, voir M.-H. Congourdeau, « Pour une étude de la Peste noire à Byzance », dans « Eupsychia ». Mélanges offerts à Hélène Ahrweiler Pari,(Byzantina Sorbonensia 16), Paris 1998, p. 149-163. Constantinople est touchée en 1430-31, en 1435-36 et en 1447-1448.
19 V. Deroche, N. Vatin (dir.), Constantinople, 1453…, op. cit., p. 26.
20 Voir par exemple C. Walter, « IC XC NIKA the apotropaic function of the victorious cross », REB, 55, 1997, p. 193-220 et A. Loaëc, L’empereur dans les inscriptions byzantines (641-1204), Thèse de Doctorat en histoire sous la direction de Jean-Claude Cheynet, Paris IV, soutenue en 2016. Plus récemment N. Zarras, Ideology and Patronage in Byzantium. Dedicatory Inscriptions and Patron Images from Middle Byzantine Macedonia and Thrace, Turnhout, Brepols (Byzantioς. Studies in Byzantine History and Civilization, 21, 2023.
21 Pour le repérage des inscriptions, voir l’outil cartographique du GABAM en ligne (URL : https://istanbulsurlari.ku.edu.tr/en/)
22 Anonyme de Vienne, p. 94 ; B. Meyer-Plath et A. Maria Schneider, Die Landmauer von Konstantinopel, vol. 2, op. cit., , n°82.
23 En dernier lieu M. Kinloch, « An Inscription of John VIII Palaiologos and the Late Palaiologan Repairs », dans I. Toth and A. Rhoby (Ed.), Materials for The Study of Late Antique and Medieval Greek and Latin Inscriptions in Istanbul, A Revised and Expanded Booklet, Oxford, Vienna, Austrian Academy of Sciences Press, 2020, p. 77–78.
24 Domenico Sestini, Lettere del signor abate Domenico Sestini…, Livorno, 1784, p. 79 : di quando in quand pure da queta parte si osserbano delle Iscrizione greche ; fra le tanten che sono maltrattate dal tempo, ricopiai la presente, che resta sopra un Torrione.
25 Ibid., vol. 6, p. 79 (complété par les remarques de B. Pace, « Viaggi dell’Abate Domenico Sestini in Asia Minore (1779-1792), Annuario della Scuola Archeologica di Atene, 3 (1916-1920), 1921, no. 2 p. 250) ; B. Meyer-Plath et A. Maria Schneider, Die Landmauer von Konstantinopel, vol. 2, op. cit., n°69.
26 A. G. Paspatis, Βυζαντιναί Μελέται Τοπογραφικαί και Ιστορικαί Κωνσταντινούπολη, 1877, p. 54 ; A. Mordtmann, « Ἐπιγραφικὰ ἐκ Κωνσταντινουπόλεως », Παρνασσος, 1, 1877, p. 621 ; H. Lietzmann, Die Landmauer von Konstantinopel, Vorbericht über die Aufnahme im Herbst 1928, Berlin, Verlag der Akademie der Wissenschaften, 1929,, no. 17 ; B. Meyer-Plath et A. M. Schneider, Die Landmauer von Konstantinopel, vol. II, op. cit., p. 130, no. 20 ; R. Janin, Constantinople byzantine…, op. cit., p. 275.
27 Manuel Bryennios Léontaris défend la porte de Charisios en 1453 dont on sait peu de choses le concernant avant sa participation à la défense de la Ville. Aristocrate, peut-être un fonctionnaire officiel (un « archonte » ?) qui a financé à ses frais la restauration de la tour de la porte de Silivri, ce qui est un phénomène assez rare, l’aristocratie préférant investir dans les églises et les palais depuis le xiiie siècle, ce que déplore d’ailleurs les chroniqueurs du temps.
28 Marie est la fille d’Alexis de Trébizonde et troisième femme de Jean VIII en 1427. Elle meurt en décembre 1439 alors l’empereur est en Italie sans lui avoir donné d’enfants. La mention de l’impératrice est rarissime dans la série des inscriptions de Jean VIII. Manuel Bryennios Léontaris fait du zèle, tout en se mettant en avant.
29 A. G. Paspatis, Βυζαντιναί Μελέται Τοπογραφικαί και Ιστορικαί Κωνσταντινούπολη, op. cit., 1877, p. 32 ; A. van Millingen, Byzantine Constantinople…, op. cit., p. 106 ; H. Lietzmann, Die Landmauer von Konstantinopel…, op. cit., n° 23 ; B. Meyer-Plath et A.M. Schneider, Die Landmauer von Konstantinopel, vol. 2, op. cit., p. 130, n°27 ; R. Janin, Constantinople byzantine, op. cit., p. 277.
30 H. Lietzmann, Die Landmauer von Konstantinopel…, op. cit., n°25 ; R. Janin, Constantinople byzantine, op. cit., p. 276.
31 B. Meyer-Plath et A.M. Schneider, Die Landmauer von Konstantinopel, vol. 2, op. cit., n°19 ; R. Janin, Constantinople byzantine, op. cit., p. 275.
32 Ibid., n°68 ; CIG IV, 8778.
33 B. Meyer-Plath et A.M. Schneider, Die Landmauer von Konstantinopel, vol. 2, op. cit., n° 17 ; R. Janin, Constantinople byzantine, op. cit., p. 274.
34 Ibid., n°59, R. Janin, Constantinople byzantine, op. cit., p. 284.
35 Ibid., n°11, R. Janin, Constantinople byzantine, op. cit., p. 273.
36 Ibid., n° 23b.
37 B. Meyer-Plath et A.M. Schneider, Die Landmauer von Konstantinopel, vol. 2, op. cit., n°66.
38 A.D. Mordtmann, Belagerung und Eroberung Konstantinopels durch die Türken im Jahre 1453, Stuttgart-Augsbourg, J. G. Cottascher Verlag, 1858, p. 132.
39 B. Meyer-Plath et A.M. Schneider, Die Landmauer von Konstantinopel, vol. 2, op. cit., n°3 ; R. Janin, Constantinople byzantine, op. cit., p. 273, qu’il confond avec celle proche de la tour dorée. Une seconde tour est située après la porte dorée. Le nom de Manuel Iatros était signalé au-dessus de l’inscription relatif aux dernières réparations sous Constantin XI
40 B. Meyer-Plath et A.M. Schneider, Die Landmauer von Konstantinopel, vol. 2, op. cit., n°46, inscription déposée au Musée d’Istanbul – inv 1650 T.
41 Voir plus haut, n. 21.
42 M. C. Bartusis, The Late byzantine army: Arms and Society, 1204-1453, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1992, p. 123.
43 M. Philippides, W. Kanak, The Siege and the Fall of Constantinople in 1453 Historiography, Topography, and Military Studies, Routledge, London, 2017, p. 304.
44 A. van Millingen, Byzantine Constantinople…, op. cit., p. 104-108 et surtout K.-P. Matschke, « Builders and building in Late Byzantine Constantinople », in N. Necipoǧlu (éd.), Byzantine Constantinople : Monuments, Topography and Everyday Life, Boston /Köln, Leiden, 2001, p. 315-328.
45 M. Philippides, W. Kanak, The Siege…, op. cit., p. 305.
46 Sur la participation des élites à la mise en défense de l’Empire, voir N. Zarras, Ideology and Patronage, op. cit. n. 21.
47 I. Djuric, Le crépuscule…, op. cit., p. 300-304
48 S. Lampros (éd.), Palaiologeia kai Peloponnèsiaka, III, 293-308 ; N. Oikonomidès, « On the date of John VIII’s letter to Saridja Beğ (april 1432) », Byzantion, 34, 1964, p. 108.
49 V. Deroche et N. Vatin (dir.), Constantinople 1453…, op. cit., p. 28.
50 R. Janin, Constantinople byzantine, op. cit.,p. 230.
51 Connue aussi sous le nom de « Tour de Léandre », l’actuelle Kız Kulezi. Elle est construite sur un îlot dans le Bosphore à proximité de Constantinople.
52 Inscriptions n°2 et n°3 N. Oikonomidès, « On the date… », op. cit., p. 107.
53 Cité plus haut, p. 150 : « Et après sont les haultz murs de la ville, lesquelz sont beaulx et bons et fors de ce costé. »
54 L’empereur partira le 24 novembre.
55 L’Union des Églises, finalement proclamée le 5 juillet 1439, et sur laquelle la population est très partagée.
56 PLP, no 1518 ; V. Laurent (éd.), Les mémoires du grand ecclésiarque de l’Église de Constantinople, Sylvestre Syropoulos, sur le concile de Florence, 1438-1439, Paris, Éditions du CNRS, p. 544 sur l’implication proturc de Paul Asanès. Ce dernier abandonne son poste en avril 1441 et meurt d’apoplexie à la fin de l’année.
57 Jean VIII doit jouer finement pour éviter un nouveau siège de la Ville, menace brandie par Murad II. Pour cela, il envoie Paul Asanès, ami du despote Démétrios Paléologue auprès du sultan dont on sait les sentiments proturcs (E. Malamut « La figure de l’ambassadeur byzantin » dans N. Drocourt (dir.), La figure de l'ambassadeur entre mondes éloignés, Paris, Presses Universitaires de Rennes, (Enquêtes et documents), 2015, (http://books.openedition.org/pur/62177).
58 La poursuite de la restauration des remparts est peut-être aussi politique et a pour but de rassurer la ville, qui a été laissée à la régence de l’impératrice Hélène et de son fils Constantin (I. Djuric, Le crépuscule…, op. cit., p. 305).
59 Achevée en 1443-1444 (Inscription 11).
60 Inscription 4, la première achevée dès mai 1438.
61 Inscription 9 (août 1441).
62 L’ambassade de Jean VIII en Italie a pour but aussi de rassembler des fonds pour la défense de la Ville. C’est la mission de Démétrios Cydonès (I. Djuric, Le crépuscule…, op. cit., p. 315). C’est d’ailleurs cette dépendance de Constantinople à l’argent latin qui est à l’origine de critiques formulées à l’empereur à son retour en 1440 (idem, p. 328). De surcroît, les promesses des Latins ne seront que partiellement tenues.
63 Le képhalè est chargé de l’administration civile et militaire de la cité, ce qui implique la gestion de la défense (et donc des remparts et de leur entretien), ainsi que des milices locales. Sur les fonctions du képhalè, voir L. Maksimović, Administration under the Palaiologoi, Amsterdam, A.M. Hakkert 1988, p. 117-166 ; K. P. Matschke, « Notes on the Economic Establishment and Social Order of the Late Byzantine Kephalai », Byz. Forsch., 19, 1993, p. 139-147 et M. C. Bartusis, The Late byzantine army…, op. cit., p. 33-34.
64 Sur sa carrière, voir V. Laurent « Le dernier gouverneur byzantin de Constantinople : Démétrius Paléologue, grand stratopédarque († 1453) », REB, 15, 1957, p. 196-206 (https://www.persee.fr/doc/rebyz_0766-5598_1957_num_15_1_1156).
65 E. Malamut, « Les ambassades du dernier empereur… », op. cit., p. 430 et n. 4.
66 La porte de Belgrade n’est dédicacée qu’en 1443-1444 (inscription 11). Les travaux semblent se poursuivre jusqu’en 1448 si l’inscription 14 est bien lue.
67 G. Ostrogorsky, Histoire de l’État byzantin, Paris, Payot, 1956, rééd 1996, p. 586.
68 A. Ducellier, Byzance et le monde orthodoxe, op. cit., p. 418.
69 M. Chasin, « The Crusade of Varna » dans H. Hazard, N. Zacour, A History of the Crusades, VI, The Impact of the Crusades on Europe, London, The University of Wisconsin Press, 1989, p. 276-310 ; K. M. Setton, The Papacy and the Levant, II, London, Edward Arnolds, (Foundations of Medieval History), 1979, p. 82-107 ; C. Imbert, The Crusade of Varna, 1443-45, Farnham, Ashgate Publishing, 2013.
70 Inscription n°12.
71 Inscription n°14. A.D. Mordtmann, Belagerung und Eroberung, op. cit., p. 132 ; R. Janin, Constantinople byzantine, op. cit., p. 299.
72 17-20 octobre 1448.
73 Inscription n°4.
74 Inscription n°16.
75 R. Favreau, Épigraphie médiévale, Turnhout, Brepols, (L’atelier du médiéviste, 5), 1997 p. 83.
76 A. Rhoby, Byzantinische Epigramme auf Stein, 2014, p. 73-82 ; BG3 (1428), GR66 (1439/1440), GR84 (1435/1436), GR89 (1454/1455), GR107 (1431 ?), GR125 (1481), TR41 (1422/1423), TR120 (1486/1487), UK1 (1451/1452) et UK4 (1459).
77 H. Hunger, « Epigraphische Auszeichnungsmajuskel. Beitrag zu einem bisher kaum beachteten Kapitel der griechischen Paläographie », Jahrbuch der Österreichischen Byzantinistik, 26, 1977, p. 193-210.
78 L. Politis, « Quelques centres de copie monastiques du XIVe siècle », La Paléographie grecque et byzantine (Colloque international du CNRS, Paris, 21-25 octobre 1974), 1977, p. 291-302.
79 L. Stavros, « Sur le statut et l’utilisation de l’or à Byzance : le cas des manuscrits chrysographiés », Ktèma : civilisations de l'Orient, de la Grèce et de Rome antiques, 43, 2018 (Luxe et richesse dans l'Antiquité et à Byzance), p. 93-102 (URL : https://doi.org/10.3406/ktema.2018.1539).
80 L. James, « Color and Meaning in Byzantium », Journal of Early Christian Studies, 11-2, 2003, p. 223-233 ; R. Colliot, « Fascination de l'or à Byzance d'après le chroniqueur Robert de Clari » dans L’or au Moyen Âge : Monnaie, métal, objets, symbole [en ligne]. Aix-en-Provence : Presses universitaires de Provence, 1983 (http://books.openedition.org/pup/2751).
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