Les estampages de Paul Deschamps conservés au CESCM

Par Damien Strzelecki
Publication en ligne le 16 mars 2026

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Texte intégral

1La bibliothèque du CESCM conserve depuis des décennies plusieurs estampages, désignant un procédé et son résultat consistant en « une empreinte exacte des inscriptions gravées en creux, réalisées sur du papier spécial sans colle, sans acide, que l’on humidifie et sur lequel on tape avec une brosse pour rentrer dans tous les creux et chasser les bulles d’air1 ». Celles-ci étaient accompagnées d’une enveloppe en papier kraft en format A3, ouverte, vide, qui devait enfermer une lettre accompagnant les quelques morceaux de papier garnis de signes inscrits. Bien que la lettre soit absente, l’enveloppe est riche d’informations. L’en-tête porte l’adresse du Musée des monuments français et on apprend qu’elle a été expédiée à « Madame E. R. Lalande (sic) » épouse d’Edmond-René Labande, directeur du Centre de 1965 à 1976. Le tampon postal porte la date du « 19 XII 1966, 17H ». Une écriture ajoutée postérieurement comporte également les informations suivantes :

« Don de M. Paul Deschamps au CESCM. Noël 1966. Estampages réalisés par lui.

1/ Inscription dédicace de Moissac 1063 côté nord intérieur du faux déambulatoire

fl. 1, 2, 3, 5, 7, 8, 9. 23 juillet 1923.

Manquent feuilles 4 et 6.

2/ inscription 1286 musée de Vienne. »

2Ce don témoigne des relations entre le laboratoire de médiévistique poitevine et Paul Deschamps. Nous savons grâce à des archives qu’il donne une conférence lors des Semaines d’Etudes Médiévales du CESCM en 1954, 1955, 1956 et 19572. Bien qu’il soit sans doute davantage connu pour ses recherches sur l’art et l’architecture médiévale romane en France, en Syrie et en Palestine3, l’auteur portait un intérêt particulier à l’épigraphie. Celui-ci n’a-t-il pas été membre avec Jean Hubert, Henri Irénée-Marrou et Charles Samaran de la commission supervisant le Corpus des Inscriptions de la France Médiévale4 ? Cet attrait est de longue date, puisqu’en 1929 il publia au Bulletin Monumental une Étude sur la paléographie des inscriptions lapidaires de la fin de l’époque mérovingienne aux dernières années du xiie siècle5. Les estampages d’inscriptions ont surtout été réalisés pour cette publication.

3Dans cette étude, l’auteur explorait les évolutions des formes de lettres sur un corpus de plusieurs textes gravés dans la pierre. Pour mener à bien cette démarche axée sur la comparaison, P. Deschamps put compter sur les divers recueils et revues publiant des inscriptions, mais également sur des « photographies et estampages recueillis dans toute la France soit par d’obligeants correspondants soit par nous-même6 ». Ceux-ci lui servirent notamment à dresser de grands tableaux généalogiques des allographes à partir d’inscriptions dont la datation n’est pas toujours assurée. Cette méthode n’était pas exempte de biais méthodologique, en particulier quand, pour deux formes identiques sur deux inscriptions différentes et éloignées chronologiquement, l’auteur retenait toujours la date la plus ancienne.

4Comme l’a très bien expliqué Vincent Debiais dans une parution récente, ce choix n’est pas neutre. P. Deschamps travaillait à la datation de la sculpture romane dans un contexte conflictuel l’opposant aux historiens de l’art américains représentés par Arthur Kingsley Porter. Ce dernier accordait une primauté chronologique à la sculpture espagnole, tandis que son confrère français soutenait la primauté française ou plutôt bourguignonne et méridionale en remontant dans le temps certaines œuvres. Les inscriptions servaient alors ce discours, l’écriture était « au service de la datation de l’œuvre7 ». Les estampages venaient en appui, comme des preuves à échelle réelle, de cet argumentaire. Ceux-ci devaient être nombreux, signalons par exemple les estampages de deux inscriptions funéraires conservés à Vienne8.

5Les premiers papiers estampés conservés au CESCM (au nombre de 7) que nous traiterons sont les estampages de l’inscription de dédicace de l’église de Moissac. La pierre aujourd’hui encastrée dans le mur de l’abside au nord et se situait autrefois dans le mur du cloître du côté de l’église. Mesurant 181 cm de large sur 45,5 cm de haut, l’inscription en recouvre toute la surface. La réglure est de mise et elle se voit encore très bien sur les estampages. Le texte, formé de douze hexamètres léonins, commémore la dédicace de l’église le 6 novembre 1063. La lecture n’est pas aisée a priori, du fait des jeux de lettres (le CIFM a relevé neuf conjonctions, treize entrelacements, quarante-deux enclavements), de nombreuses abréviations signalées par des tildes. Cependant, tous les mots sont séparés par un point médian et deux points de forme triangulaire séparent les vers entre eux9.

6Les 7 papiers contenant en creux le texte mesurent tous environ 16 cm de hauteur et 61 cm de large. Ils sont numérotés de 1 à 9, mais il manque le numéro 4 et le numéro 6. La profondeur des lettres de l’inscription est inconnue, mais la profondeur de l’empreinte de chaque sillon se situe entre 1,5 et 2,5 mm. La présence de tracés d’une même lettre séparés entre deux fragments démontre bien que l’estampage a probablement été réalisé sur un seul et même morceau qui a été découpé par la suite. Cela se voit en particulier pour le T du mot ista dont l’extrémité gauche du plateau se retrouve en bordure droite du n° 1 tandis que le reste de la lettre se retrouve sur le n° 2 et pour les lettres coupées en partie inférieure du fragment n° 5 (fig. 4).

7Nous présentons chaque fragment avec chaque unité de texte auquel il correspond. Nous donnons d’abord le texte complet avec, en gras, ce qui correspond aux deux fragments de papier qui n’ont pas été conservés.

« Idibus octonis domus ista dicata novembris gaudet pontifices hos convenisse celebres

Auxius ostindum lactora dedit Raimundum Convena Willelmum direxit Aginna Willelmum

Jussit et eraclium non deesse Beorra benignum Elloreus Stephanum concessit et adura Petrum

Te Duranne suum nostrumque tolosa patronum respuitur Fulco Simonis dans jura Cadurco

Myriades lustris apponens tres duodenis viginem partum dabat orbi tunc venerandum

Hanc tibi Christe Deus rex instituit Clodoveus auxit munificus post hunc donis Ludovicus »

« Cette demeure, dédiée le huit des ides de novembre [6 novembre] se réjouit

D’avoir réuni ces prélats renommés : Auch donna Austinde, Lectoure Raimond ;

Le Comminges délégua Guillaume, Agen manda Guillaume et la Bigorre ne

Voulut pas que le bon Héraclius fut absent ; Oloron accorda Etienne, Aire

Pierre, Toulouse toi, Durand, son patron et la nôtre ; Foulques Simon qui donne

Sa loi à Cahors fut repoussé. Depuis mille trois ans et douze lustres [Dieu]

Donnait au monde le vénérable enfantement virginal. Pour toi, ô Christ Dieu,

Le roi Clovis fonda cette [demeure] qu’après lui accrût le munificent Louis ».

Fig. 1 : Estampage de l’inscription de Moissac, n° 1.
(Voir l’image au format original).

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Crédits : Lisa-Oriane Crosland, CESCM.

Idibus octonis domus is

Auxius ostindum lactora

Fig. 2 : Estampage de l’inscription de Moissac, n° 2.
(Voir l’image au format original).

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Crédits : Lisa-Oriane Crosland, CESCM.

ta dicata novembris gaudet pon

dedit Raimundum Convena Wil

Fig. 3 : Estampage de l’inscription de Moissac, n° 3.
(Voir l’image au format original).

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Crédits : Lisa-Oriane Crosland, CESCM.

tifices hos convenisse celebres

elmum direxit Aginna Willelmum

Fig. 4 : Estampage de l’inscription de Moissac, n° 5.
(Voir l’image au format original).

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Crédits : Lisa-Oriane Crosland, CESCM.

orra benignum Elloreus Stephanum

sa patronum respuitur Fulco

Fig. 5 : Estampage de l’inscription de Moissac, n° 7.
(Voir l’image au format original).

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Crédits : Lisa-Oriane Crosland, CESCM.

Myriades lustris apponen

Hanc tibi Christe Deus rex instituit

Fig. 6 : Estampage de l’inscription de Moissac, n° 8.
(Voir l’image au format original).

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Crédits : Lisa-Oriane Crosland, CESCM.

s tres duodenis viginem pa

Clodoveus auxit munificu

Fig. 7 : Estampage de l’inscription de Moissac, n° 9.
(Voir l’image au format original).

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Crédits : Lisa-Oriane Crosland, CESCM.

rtum dabat orbi tunc venerandum

s post hunc donis Ludovicus

8Il faut se demander pourquoi Paul Deschamps a fait l’estampage de cette inscription, d’autant qu’elle est sollicitée à plusieurs reprises dans ses tableaux paléographiques, pour les lettres A, C, G, H, O, Q, T, X et les deux points verticaux de forme triangulaire10. La datation interne, souvent confondue avec la date de réalisation du texte, est peut-être un indice, bien que l’auteur ne les confonde pas totalement en ajoutant la mention « vers » 1063, faisant ainsi œuvre de prudence.

9Le second estampage, sur une seule feuille cette fois-ci, concerne l’inscription funéraire de Pierre Arnaud au cloître de Saint-André-le-Bas de Vienne. Tout comme la précédente inscription, l’épitaphe de l’abbé Pierre Arnaud conservée au cloître de Saint-André-le-Bas (autrefois à l’abbaye Saint-Pierre de Vienne) comporte une datation interne. Elle correspond à la date de mort du défunt :

« Obiit anno Domini MCCLXXXVI, XIIII kalendas septembris »

« Il mourut l’an du Seigneur 1286, le 14 des calendes de septembre [19 août]11 ».

10Le début du texte est composé de cinq hexamètres et d’un pentamètre. Le reste de l’inscription en prose est une fondation d’anniversaire. La ponctuation est régulière, tout comme les abréviations signalées par plusieurs signes (lettres barrées, tildes, abréviation pour –us). L’estampage rend aussi compte de l’oubli du lapicide à la première ligne, « Arnaudi » est inscrit en petits caractères au-dessus de « Petrus ». Plus étonnante est la présence, sur cette pierre mesurant 83,2 cm de haut sur 69,7 cm de large, d’un espace laissé vide de lettres probablement destiné à recevoir une peinture représentant le défunt, peinture désignée d’ailleurs dans le texte « pictura ».

Fig. 8 : Estampage de l’inscription de Pierre Arnaud à Vienne.
(Voir l’image au format original).

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Crédits : Lisa-Oriane Crosland, CESCM.

11L’estampage de Paul Deschamps mesure 47 cm de haut sur 60,5 de large. Il est lacunaire, il manque en effet quelques centimètres de l’inscription à droite ainsi que les lignes 12 à 18. La ligne 11 est coupée. Il est impossible de savoir si cette coupure en partie inférieure est volontaire, peut-être pour ne pas fragiliser la peinture qui menaçait déjà de disparaître. Il ne faut pas non plus exclure l’hypothèse d’un morceau manquant, soit de fait d’une découpe, soit que l’estampage de l’inscription ait été réalisé sur deux morceaux de papier, auquel cas la partie inférieure est perdue.

12On peut à nouveau retracer l’usage de cette inscription, plus vraisemblablement de son négatif, dans l’ouvrage de Paul Deschamps. Cela est même assez simple : elle ne l’est pas, puisque l’inscription date de la seconde moitié du xiiie siècle et son étude s’arrête aux dernières années du siècle précédent. Contrairement à celle de Moissac, l’estampage de Vienne n’est pas accompagné d’une précision sur l’année de sa réalisation.

13Comme le montrent ces deux exemples, l’estampage est bien, dans le cas de P. Deschamps, à mettre au rang de « "compagnon de papier" qui fait partie de la panoplie de l’épigraphiste pour cette génération12 ». Pourtant, les estampages conservés pour les inscriptions médiévales n’égalent pas les carnets de terrain13, ils ne supportent pas la comparaison. Celle-ci ne vaut que de support à support. Si nous comparons alors la volumétrie avec d’autres aires chrono-culturelles, la pratique des estampages pour le Moyen Âge semble rare14. Il ne faut pas exclure les biais de conservation, ou le faible nombre d’entreprises de numérisation, mais l’explication la plus probable réside dans l’habitude. L’épigraphie médiévale, en tant que discipline, est de constitution récente et a favorisé l’usage de l’appareil photo et du dessin in situ au profit d’autres reproductions graphiques15.

14 Cependant, même aux xviiie-xixe siècles avec la production de nombreux ouvrages sur les inscriptions d’une région, d’un département ou d’une ville, les auteurs mentionnent rarement l’utilisation de ce procédé16, préférant sans doute leur vue et leur mémoire, peut-être peuvent-ils plus aisément retourner sur le terrain pour vérifier leur lecture, ce qui est impossible si les inscriptions sont éloignées du lieu de résidence ou d’activité quotidienne17. Ils empruntent aussi le carnet, le dessin et la reproduction en fac-similé18. En comparaison, les érudits travaillant sur des sources de l’antiquité témoignent de l’autorité que revêt l’estampage dépassant même le cliché photographique jugé trompeur et dont le résultat peut varier en fonction de l’éclairage19. Il reste que d’autres estampages d’inscriptions médiévales doivent subsister et être conservés et cette pratique, aussi minime soit-elle, doit encore largement être mise en évidence.

Notes

1 E. Ingrand-Varenne, M. A. Villano, « Les inscriptions en alphabet latin de Chypre au Moyen Âge : enquête exploratoire », Cahiers du Centre d’Études Chypriotes, Écritures, inscriptions, pratiques linguistiques et activités éditoriales, n° 50, 2020, note 38 (https://doi.org/10.4000/cchyp.518).

2 Je remercie Stéphanie Thomas, en charge de la photothèque du CESCM, de m’avoir fourni ces documents.

3 Nous renvoyons à l’article M. Thibaut, « Paul Deschamps (1888-1974), Bibliothèque de l'école des chartes, t. 133, 1975, p. 423-429.

4 R. Favreau, « L’épigraphie médiévale », Cahiers de civilisation médiévale, XIIe année, n° 4, 1969, p. 387

5 P. Deschamps, Étude sur la paléographie des inscriptions lapidaires, Bulletin Monumental, Paris, A. Picard, 1929.

6 Ibid., p. 7

7 V. Debiais, Inscrire l’art médiéval. Objets, textes, images, Turnhout, Brepols, (Utrecht Studies in Medieval Literacy, 60), 2024 p. 55-75.

8 Épitaphe du chanoine Humbet en 1227. Fragment de l'épitaphe de l'abbé Didier en 1126 en l'église Saint-Pierre de Vienne d'après estampage de Paul Deschamps - France ; Auvergne-Rhône-Alpes ; Isère ; Vienne (https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00117322).

9 CIFM 8, Tarn-et-Garonne n° 8, p. 131-133, pl. LII, fig. 111.

10 P. Deschamps, Étude sur la paléographie…, op. cit., 65-82.

11 CIFM 15, 1990, n° 117, p. 112-114, pl. XLV, fig. 95.

12 E. Ingrand-Varenne, M. A. Villano, « Carnets et fiches de terrain : la construction du savoir en épigraphie médiévale », Écriture et image, n° 4 : épigraphistes au travail, 2025, p. 90.

13 V. Debiais, « Nos archives. Le cahier épigraphique », Façonner L’histoire au travail, 2022 (https://entre-temps.net/nos-archives-le-cahier-epigraphique/).

14 Nous renvoyons au projet E-stampages pour les inscriptions grecques, par exemple : https://www.e-stampages.eu/s/e-stampages/page/collection_efa ; voir aussi : F. Berdin, L. Wei, «  Documenter et apprivoiser un paysage inscrit: récit d’une mission épigraphique en Chine », Écriture et image, n° 4…, op. cit., p. 28-45.

15 Si le projet allemand Die Deutschen Inschriften est né dans les années 1930, l’épigraphie médiévale française naît au tournant des années 1968-1969.

16 Dans A. et E. Barthélemy (de), Recueil des pierres tombales des églises et couvents de Châlons-sur-Marne, Paris, H. Champion, 1888, p. 30, note 1 : « très-mutilée : cette description est prise d’après l’estampage anciennement fait par M. Barbat ».

17 C’est peut-être ce qui explique les estampages d’inscriptions de Méditerranée orientale : E. Ingrand-Varenne, M. A. Villano, « Les inscriptions… », op. cit., fig. 4 (https://doi.org/10.4000/cchyp.518).

18 Par exemple : R. Boucher (de) Molandon, Inscriptions tumulaires des xie et xiie siècles à Saint-Benoît-sur-Loire, Orléans, H. Herluison, 1884, planches en fin de volume.

19 C. S. Clermont-Ganneau, « Le clichage des estampages », Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 31e année, n° 2, 1887, p. 237 (https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1887_num_31_2_69331) ; on se rapportera à : M. Brunet, L’estampage, document de travail emblématique de l’épigraphiste, Écriture et image, n° 4…, op. cit., p. 70-87.

Pour citer ce document

Par Damien Strzelecki, «Les estampages de Paul Deschamps conservés au CESCM», In-Scription: revue en ligne d'études épigraphiques [En ligne], n° 6 | 2026, Numéros, Archive, mis à jour le : 13/04/2026, URL : https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=979.

Quelques mots à propos de :  Damien Strzelecki

Ingénieur de recherche au CESCM, UMR 7302 – damien.strzelecki@univ-poitiers.fr

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